Deux écussons du
programme, créés par Retrorocket Emblems dans le
style de l'époque. Ce programme n'a jamais
eu de patch officiel.
Ces écussons
commémorent les atterrisseurs et le programme Surveyor. Le
premier écusson représente une trajectoire
lunaire stylisée vers la Lune. Les cinq sites d'alunissage
réussis sont indiqués à la surface par
des étoiles jaunes. Le second écusson
commémore le rôle de Hughes Aircraft Company dans
la construction des atterrisseurs et montre l'un des atterrisseurs
Surveyor en route vers l'alunissage.
Le
programme Surveyor
de la NASA est un programme d'exploration de la Lune par des engins
automatiques qui a joué un rôle important dans la
préparation des missions du programme Apollo. En 1960, le Jet Propulsion Laboratory (JPL)
lance officiellement un projet d'étude scientifique de notre
satellite qui doit mettre en œuvre une sonde spatiale capable
d'effectuer un atterrissage sur le sol lunaire pour
l'étudier in situ.
Les responsables
de la NASA orientent ce projet en 1961 pour en faire un programme de
reconnaissance afin de préparer le débarquement
de l'homme sur la Lune. Plusieurs sondes Surveyor sont
programmées avec désormais comme objectif
principal la mise au point d'une méthode d'atterrissage en
douceur ainsi que l'étude du sol lunaire et de sa
topographie. La Lune est à l'époque mal connue et
les scientifiques n'ont pas de certitude sur la consistance du sol
lunaire. Il est impératif de connaître ce
paramètre pour valider la conception du train d'atterrissage
des modules lunaires Apollo.
Le JPL
conçoit une sonde spatiale de type atterrisseur dont la
fabrication est confiée à la
société Hughes
Aircraft. Le projet rencontre de nombreux
problèmes : surcoûts, impasses techniques et
révisions dramatiques du cahier des charges. Les sondes
Surveyor sont, pour l'époque, des engins complexes et
innovants : il s'agit des premières sondes spatiales
conçues pour se poser en douceur sur un autre corps
céleste. Construites autour d'un treillis de tubes en
aluminium qui leur donne une apparence arachnéenne, elles
nécessitent la mise au point de plusieurs dispositifs
électroniques et moteurs innovants : une grosse
rétrofusée aux performances remarquables, des
moteurs verniers à poussée modulable, deux radars
dont les données sont utilisées par un
système d'atterrissage automatique qui doit être
capable de poser la sonde sur un terrain aux
caractéristiques inconnues. Ces sondes de près
d'une tonne sont bien plus lourdes que les véhicules
spatiaux américains qui les ont
précédées et qui ne
dépassent pas 300 kg. Lorsque le programme
débute, il n'existe pas de lanceur américain
assez puissant pour lancer une telle masse ; la NASA choisit d'utiliser
le lanceur Atlas associé à un étage
Centaur en cours de développement ; celui-ci inaugure
l'utilisation de l'hydrogène liquide qui permet de tripler
les performances du lanceur Atlas-Agena utilisé
jusque-là. Mais sa mise au point est beaucoup plus longue
que prévu et le premier lancement d'une sonde Surveyor,
initialement programmé pour 1963, n'a lieu qu'en 1966.
Entre
1966 et 1968, sept sondes Surveyor sont lancées parmi
lesquelles cinq remplissent leur mission avec succès.
Elles fournissent des informations rassurantes sur les
propriétés mécaniques du sol lunaire
qui se révèle apte à supporter le
module lunaire Apollo. Par contre, les retombées
scientifiques du programme sont limitées car les nombreux
instruments scientifiques prévus initialement ne sont pas
installés faute d'un étage Centaur suffisamment
puissant. La caméra présente sur toutes les
sondes permet néanmoins de prendre plus de 87 000 photos du
sol lunaire et les trois dernières sondes emportent un
instrument qui permet d'analyser la composition chimique du sol. Compte
tenu de la complexité de la mission assignée aux
sondes et malgré les retards et les surcoûts, le
programme est considéré comme une
réussite du programme spatial américain.
Panorama lunaire photographié par Surveyor-1 (image retraitée numériquement)
La mission Apollo-12 a aluni près de la sonde Surveyor-3